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Podologie27 août 202510 min de lecture

Suivi des commandes de semelles orthopédiques : sans Excel

Suivi des commandes de semelles orthopédiques sans Excel : workflow en 6 statuts, délais, sous-traitant et relances patient pour ne plus rien perdre.

Le suivi des commandes de semelles orthopédiques consiste à tracer chaque paire depuis la prise d'empreinte jusqu'à la livraison au patient, en passant par la fabrication (au cabinet ou chez un sous-traitant) et le rendez-vous d'essayage. La méthode la plus fiable repose sur un workflow en 6 statuts (empreinte prise, en fabrication, reçue, patient prévenu, essayage planifié, livrée), avec une date butoir par étape. Un tableur suffit au démarrage, mais montre vite ses limites au-delà d'une dizaine de paires en cours : pas d'alerte automatique, pas de lien avec l'agenda, saisies oubliées. Cet article détaille le workflow complet, les informations à enregistrer, les indicateurs à surveiller et les options pour outiller ce suivi.

Pourquoi le suivi des semelles déraille si souvent

Une paire de semelles n'est pas une consultation classique : c'est un processus en plusieurs étapes, étalé sur deux à quatre semaines, avec des acteurs différents à chaque phase. C'est ce qui rend le suivi fragile. Les points de rupture les plus fréquents :

  • L'empreinte est prise, mais la commande n'est jamais transmise au fabricant (le bon reste dans une pile de dossiers).
  • La paire arrive au cabinet, mais personne ne prévient le patient : elle dort dans un tiroir pendant trois semaines.
  • Le patient est prévenu mais ne rappelle pas pour l'essayage, et personne ne le relance.
  • Une retouche est demandée après l'essayage, puis oubliée des deux côtés.
  • La facturation n'est pas déclenchée parce que la livraison n'a jamais été enregistrée.

Chacun de ces oublis a un coût concret : une paire non livrée, c'est une prestation de 100 à 180 euros (tarif courant constaté en libéral, variable selon les régions et le type de semelles) qui reste en suspens, un patient mécontent et du temps perdu à reconstituer l'historique. À 10 ou 20 paires par mois, 2 ou 3 commandes perdues de vue par trimestre suffisent à créer un manque à gagner significatif.

Les limites concrètes d'Excel pour ce suivi

Beaucoup de pédicures-podologues démarrent avec un classeur Excel ou Google Sheets : une ligne par commande, des colonnes pour le nom, la date d'empreinte, le statut. C'est mieux que rien, mais quatre limites apparaissent vite.

Aucune alerte automatique

Excel ne vous prévient pas qu'une paire est en fabrication depuis 15 jours ou qu'un patient n'a pas répondu. Vous devez ouvrir le fichier et repérer vous-même les anomalies, soit une revue manuelle de 20 à 30 minutes par semaine, uniquement si vous pensez à la faire.

La saisie repose sur la mémoire

Entre deux patients, le réflexe de mettre à jour le fichier n'existe pas toujours. Or un statut faux rend tout le tableau suspect : si trois lignes sont erronées, vous ne pouvez plus faire confiance à aucune.

Aucun lien avec le dossier patient et l'agenda

L'essayage se planifie dans l'agenda, la commande est liée à un dossier patient, la livraison déclenche une facture. Avec un tableur, ces trois univers restent séparés et vous faites le pont à la main, avec les erreurs de recopie que cela implique.

Le partage est risqué

Si une assistante intervient, vous multipliez les versions du fichier. Et un classeur contenant noms, pathologies et coordonnées de patients, stocké sur un poste personnel ou un cloud grand public, pose des questions de conformité : la CNIL publie des recommandations spécifiques sur les données de santé en cabinet libéral, à consulter.

Le workflow type en 6 statuts

Voici le cœur de la méthode : chaque paire de semelles porte un statut unique, mis à jour à chaque événement. Six statuts suffisent à couvrir tout le cycle de vie sans complexifier la saisie.

Statut Déclencheur Délai cible Action si dépassement
1. Empreinte prise Fin de la consultation de podologie Transmission au fabricant sous 48 h Vérifier que le bon de commande est parti
2. En fabrication Envoi du bon au sous-traitant (ou mise en atelier) 7 à 15 jours selon le fabricant Relancer le sous-traitant
3. Reçue au cabinet Réception et contrôle qualité de la paire Contact patient sous 48 h Prévenir le patient sans attendre
4. Patient prévenu SMS, appel ou e-mail envoyé Réponse sous 7 jours Relance patient (2e message)
5. Essayage planifié Rendez-vous posé dans l'agenda Selon agenda Rappel de rendez-vous la veille
6. Livrée Essayage validé, paire remise Facturation immédiate Clôture du dossier, retouche éventuelle

Deux règles rendent ce workflow réellement efficace :

  • Un statut change toujours au moment de l'événement, jamais "plus tard". La mise à jour prend 10 secondes si elle est faite dans la foulée, 10 minutes si elle est reconstituée une semaine après.
  • Chaque statut a une date butoir. Ce n'est pas le statut qui alerte, c'est le dépassement du délai. Une commande "en fabrication" est normale à J+8, anormale à J+20.

Le cas particulier de la retouche

Après l'essayage, une part non négligeable des paires nécessite un ajustement. Plutôt que d'ajouter un septième statut, repassez la commande en statut 2 (en fabrication) avec une mention "retouche" et un délai cible plus court (3 à 7 jours). Vous conservez ainsi un circuit unique et lisible.

Les informations à enregistrer pour une vraie traçabilité

La traçabilité des semelles orthopédiques ne se limite pas au statut. Pour chaque commande, enregistrez un socle minimal d'informations :

  • Identité du patient et lien vers son dossier
  • Date de prise d'empreinte et praticien concerné
  • Prescription associée (renouvellement ou première paire)
  • Type de semelles, matériaux, corrections prévues
  • Mode de fabrication : atelier du cabinet ou sous-traitant (et lequel)
  • Dates de chaque changement de statut
  • Montant, acompte éventuel, statut de facturation
  • Notes libres : retouches demandées, remarques à l'essayage

Ce socle sert trois objectifs : retrouver n'importe quelle commande en quelques secondes, répondre précisément à un patient qui appelle ("où en est ma paire ?"), et documenter votre pratique en cas de litige. Pour la conservation des dossiers et l'hébergement des données, référez-vous aux recommandations de votre ordre professionnel et de l'ANS.

Fabrication au cabinet ou sous-traitant : deux organisations différentes

Si vous fabriquez à l'atelier

L'organisation de l'atelier du podologue repose sur des créneaux de fabrication planifiés dans l'agenda, comme des consultations. Rythme courant : deux demi-journées d'atelier par semaine, chacune permettant de produire 4 à 6 paires selon la technicité. Le statut "en fabrication" correspond alors à la file d'attente de votre atelier : si elle dépasse votre capacité hebdomadaire, vos délais annoncés ne tiendront pas, et c'est ce chiffre qu'il faut surveiller en priorité. Le sujet rejoint la gestion du stock de matériaux au cabinet : une commande bloquée faute de résine ou de recouvrement est une commande en retard.

Si vous sous-traitez

Avec un façonnier externe, deux informations deviennent critiques : la date d'envoi du bon de commande et le délai annoncé par le fabricant. Mesurez aussi le délai réel constaté sur vos 10 dernières commandes : l'écart entre les deux est un excellent critère pour comparer vos fournisseurs, plus fiable que le prix seul. Une relance systématique à J+2 après le délai annoncé, par e-mail avec la référence de commande, suffit généralement à maintenir la pression sans dégrader la relation.

La relance patient : l'étape que tout le monde néglige

La paire reçue au cabinet qui attend son patient est le premier gisement de retards. Un protocole de relance simple et systématique change tout :

  1. J0 (réception) : SMS au patient avec proposition de créneaux pour l'essayage.
  2. J+7 sans réponse : deuxième SMS ou appel téléphonique.
  3. J+21 sans réponse : courrier ou e-mail plus formel, rappelant que la paire est disponible et facturée à la remise.
  4. La veille de l'essayage : rappel de rendez-vous automatique pour limiter les absences.

Sur ce dernier point, les rappels de rendez-vous par SMS réduisent nettement les rendez-vous non honorés, et un essayage manqué est doublement coûteux : créneau perdu et commande toujours ouverte. Un logiciel comme Komper automatise cette partie : le rendez-vous d'essayage posé dans l'agenda déclenche le rappel sans intervention, et le dossier patient garde la trace de chaque message envoyé.

Les indicateurs à suivre chaque mois

Piloter la gestion de la fabrication des semelles au cabinet ne demande pas un tableau de bord complexe. Quatre indicateurs suffisent, à relever une fois par mois (15 minutes si vos statuts sont à jour) :

  • Nombre de commandes en cours par statut : une accumulation anormale sur un statut révèle immédiatement le maillon faible (fabrication trop lente, relances patient non faites).
  • Délai moyen empreinte-livraison : l'indicateur global de votre performance. Entre 15 et 25 jours est un ordre de grandeur courant ; au-delà, cherchez l'étape qui dérape.
  • Nombre de commandes au-delà de leur délai cible : idéalement zéro. Chaque dépassement doit avoir une explication et une action.
  • Taux de retouche : si plus d'une paire sur cinq revient en correction, la question devient clinique ou technique (empreinte, fabricant), plus seulement organisationnelle.

Un cinquième indicateur, plus commercial, mérite l'attention : la part de paires livrées qui donneront lieu à un renouvellement dans 12 à 18 mois. La date de livraison est le point de départ naturel d'une relance de renouvellement de semelles, un chiffre d'affaires récurrent que beaucoup de cabinets laissent dormir.

Par quoi remplacer Excel concrètement

Trois niveaux d'outillage existent, à choisir selon votre volume.

Le tableau physique ou le cahier (moins de 5 paires en cours)

Un tableau blanc à 6 colonnes dans l'atelier, une fiche par commande que l'on déplace de colonne en colonne. Simple et visuel, mais sans historique ni accès à distance.

Le tableur discipliné (5 à 10 paires en cours)

Si vous restez sur un tableur, imposez-vous : liste déroulante pour les 6 statuts, une colonne de date par statut, mise en forme conditionnelle qui passe la ligne en rouge au-delà du délai cible, revue hebdomadaire à jour fixe. C'est le maximum qu'un tableur peut offrir, au prix d'une discipline constante.

Le logiciel de gestion de cabinet (au-delà de 10 paires en cours)

Un outil métier relie ce que le tableur sépare : commande rattachée au dossier patient, essayage planifié dans l'agenda avec rappel automatique, livraison qui déclenche la facture, impayés relancés. C'est l'approche de Komper : vous mettez à jour un statut en quelques secondes entre deux patients, et le reste (rappels, facturation, relances, demande d'avis Google après la livraison) s'enchaîne sans ressaisie. L'assistant intégré peut même rédiger le compte rendu de la consultation d'essayage.

L'essentiel reste la méthode : les 6 statuts et les délais cibles fonctionnent quel que soit l'outil. Le logiciel ne fait qu'en supprimer la charge mentale.

Check-list de mise en place en une semaine

  • Jour 1 : lister toutes les paires en cours et leur attribuer un statut réel (souvent la partie la plus révélatrice).
  • Jour 2 : fixer vos délais cibles par statut, selon votre fabricant ou votre capacité d'atelier.
  • Jour 3 : rédiger vos deux modèles de messages patient (paire disponible, relance).
  • Jour 4 : choisir l'outil (tableau, tableur structuré ou logiciel) et y saisir l'existant.
  • Jour 5 : traiter tous les dépassements identifiés le jour 1 : relancer le fabricant, prévenir les patients oubliés.
  • Chaque semaine ensuite : 15 minutes de revue des commandes hors délai, à jour fixe.

FAQ

Combien de temps prend le suivi des commandes de semelles chaque semaine ?

Avec un workflow à 6 statuts mis à jour au fil de l'eau, comptez 10 secondes par changement de statut et 15 minutes de revue hebdomadaire. Sans méthode, la reconstitution des informations et les appels de patients inquiets consomment facilement plusieurs heures par semaine.

Quel est le délai normal entre l'empreinte et la livraison des semelles ?

Un ordre de grandeur courant se situe entre 15 et 25 jours : 7 à 15 jours de fabrication, plus le temps de prévenir le patient et de planifier l'essayage. Le vrai levier de réduction n'est généralement pas le fabricant mais le délai entre la réception au cabinet et l'essayage.

Excel est-il suffisant pour suivre les commandes de semelles ?

Oui en dessous d'une dizaine de paires en cours, à condition d'une discipline stricte : statuts normalisés, dates saisies, revue hebdomadaire. Au-delà, l'absence d'alertes automatiques et de lien avec l'agenda et la facturation rend les oublis quasi inévitables.

Comment relancer un patient qui ne vient pas chercher ses semelles ?

Appliquez un protocole en trois temps : SMS à la réception avec proposition de créneaux, deuxième message ou appel à J+7, courrier ou e-mail formel à J+21. Tracez chaque relance dans le dossier pour savoir où vous en êtes.

Faut-il un logiciel spécifique pour la traçabilité des semelles orthopédiques ?

Aucune obligation : la traçabilité exige surtout des informations complètes (dates, statuts, fabricant, retouches) et conservées de façon fiable. Un logiciel de gestion de cabinet facilite ce travail en rattachant la commande au dossier patient et en horodatant chaque étape automatiquement.

Que faire quand le sous-traitant dépasse ses délais ?

Relancez par écrit à J+2 après le délai annoncé, avec la référence de la commande. Mesurez le délai réel moyen de chaque fabricant sur vos dernières commandes : si l'écart avec le délai annoncé devient structurel, cette donnée objective vous permet de renégocier ou de changer de fournisseur.

Conclusion

Ne plus perdre une commande de semelles ne demande ni tableau de bord sophistiqué ni heures de gestion : six statuts, une date butoir par étape, un protocole de relance patient et quatre indicateurs mensuels suffisent. Excel peut porter cette méthode au démarrage, mais dès que le volume augmente, l'absence d'alertes transforme le tableur en source d'oublis. Pour que suivi des commandes, rappels de rendez-vous, facturation et relances s'enchaînent sans ressaisie, découvrez Komper, le logiciel de gestion de cabinet pensé pour les praticiens libéraux.

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